20 juin. Merci à toutes et à tous.....


On tourne cette nouvelle page "dans ma tranche de vie d'alpiniste" comme écrit précédemment. Merci pour tous vos messages. Dans ce domaine aussi, l'Everest reste un truc définitivement à part !....;-)

On se revoit là haut pour certains, et qui sait, peut être une autre fois ici pour les autres !

Yannick.

2017-04-24-photo-00000242

9 juin. Le récit.

Bonjour les amis. Quelle journée radieuse sur les Alpes aujourd’hui….

Le 27 mai aux alentours de 8500m le temps était exécrable, une pure machination des cieux qui ne laissaient présager que l’enfer à venir !

Je me dis : « non, je m’arrête ici ! Il est quatre heure et demi du matin, je ne continue pas dans ces conditions. »

Les autres sont devant, Sangye le Sherpa qui accompagnait Ferran redescend, il me dit de continuer « tranquillement ».

« Non, non et non il n y a aucun doute je redescends ! Les autres…ils prennent leur responsabilité. Je sais ce que je fais c’est clair dans mon esprit, hors de question que je continue de grimper. L’Everest ça attendra. Et pour y revenir, il faut en revenir.

Pourtant lors de mon départ, début avril, j’étais bien décidé ; avec cette boule au ventre que provoque l’incertitude d’un tel challenge.

« Salut Ferran, écoute j’ai bien réfléchi à ta proposition et maintenant je suis prêt ! Lui était à Barcelone en train d’organiser son voyage sur  l’Everest. Nous en avions déjà parlé ensemble, mais ce projet qui  me semblait hors de prix pouvait alors prendre forme grâce aux aides d’amis qui se proposaient de m’aider. Merci à eux.

Essayer de grimper l’Everest est une idée qui m’enchantait depuis bien longtemps et c’était le bon moment.

« Bonjour Brigitte, je voudrais prendre un vol pour Katmandu et c’est pour la semaine prochaine ! Je sais, je m’y prends au dernier moment et je sais que je vais le payer cher. La  dame de l’agence n’avait pas l’air surprise, elle me connaissait pour y être passé quelque fois ces dernières années….je suis une catastrophe ou peut être suis trop occupé ou peut être…pas d’excuses, il n’y en a pas. J’accepte que les choses soient ainsi.

« Mr Graziani!, votre sac est bien étiqueté avec ce numéro ci? Je jette un œil sur le double de l’étiquette et confirme. Mon sac avec tous mes duvets a bien failli rester à Doha ouff!!! Tout est là. Etant les derniers à embarquer avec d’autres alpinistes français, ils nous surclassent en business. Et la petite troupe que nous sommes Masha, Dani et moi nous nous retrouvons a déguster quelques coupes de champagne.

Ah si pendant tous ces voyages j’avais juste pris une carte de fidélité…je  vis au jour le jour C’est le problème…

Dès notre arrive a Katmandu je rejoins mes futurs compagnons d’expé et propose à Masha et Dani de venir dîner avec nous…quelques bières plus tard, j’amène Dani découvrir Katmandu, il fait nuit et presque tout est fermé mais pas le bar a cocktail ou j’ai l’habitude d’aller boire un verre assis par terre.

Je laisse Dani discuter avec des personnes qui sont là et m’en vais à l’hôtel, épuisé.

Dani et Masha partent grimper le Makalu, lui veut essayer sans ox supplémentaire et je l y encourage vivement. Ils ont aussi le vol le lendemain matin pour Lukla. Le hall de départ de l’aéroport pour les vols intérieur, est un bordel sans nom, et on doit attendre. Tout le monde se presse dans tous les sens. Ca y’est on part,  on  s’active pour passer les portes d’embarquement,  puis on nous dit qu’il faut finalement attendre encore. Retour dans l’aéroport. Finalement nous ne volons que le soir vers 17h et atterrissons à Lukla dans la vallée du Khumbu. Nous y sommes dans la vallée de l’Everest et il fait encore un peu froid en ce début de printemps.

Notre petit groupe est au complet et une dizaine de randonneur de catalogne nous accompagnent. Ferran les suit jusque au CB. Ils ont prévu une approche longue et comme j’ai grimpé dans les alpes juste avant de partir, je décide de monter plus rapidement qu’eux. Je rejoins Dani et Masha a 5000m quelques jours plus tard.

Nous passons quelques jours au village de Lobuche puis chacun part pour son camp de base.

Je rejoins Hanz et Martina à 5300m au camp de base, le « khumbu village » est installé sur le glacier. On dirait un camp pour réfugiés climatique. Il gèle ici. Je suis congelé dans la tente cuisine et je n’arrive pas à me réchauffer. Du coup je passe une sale nuit.

Les nuits suivantes sont beaucoup plus reposantes alors je décide de monter jusque au camp 2 en deux jours. Je découvre "l’ice fall" , je suis seul,  je suis parti tard j’arrive à 6000 à la tombée de la nuit  et je m’installe là où il y a déjà quelques tentes

« How are you doing? » quelqu’un se préoccupe de mon installation après qu’un sherpa m’ait offert un verre d’eau chaude.

Il me dit qu’il ne sait pas si je peux rester camper a cet endroit qu’il va demander à son manager par radio !!! Mais pourquoi? Je gène qui? Je lui dis que j’ai tout mon équipement avec moi que je n’ai besoin de rien.

Il me dit qu’il est américain et qu’il est guide au mont Rainier !!!.

Je lui dis que je suis guide aussi, que je sais ce que je fais et que demain je bouge au camp 2 à 6500 m.

Le manager est ok. J’ai un avant-gout des restrictions qui s’imposent ici sur  l’Everes,t on ne fait pas ce que l’on on veut.  J’en n’ai pas l’habitude et mieux vaut que je comprenne vite fait.

Hanz me rejoint en fin d’après-midi le lendemain. A vrai dire je ne l’attendais plus. Je lui fais un peu de soupe et chacun se couche dans sa tente. Le lendemain on redescend au camp de base « village ». En redescendant la combe ouest, ce grand plateau glaciaire entre 6 et 7000m tellement beau. C’est là que tout commence, y a pas grand monde encore au camp 2, les agences commencent juste à installer ce camp avancé ou elles vont fournir aux clients et aux sherpas une tente cuisine et une tente pour dormir…..c’est un luxe dans cet endroit reculé. 

Ferran débarque au camp de base mais il est un peu malade. Nous sommes désormais tous là et on en profite pour prendre nos repères dans le khumbu village. Il y’a beaucoup de gens et autour de notre camp il y’a une  quarantaine de grimpeur qui viennent du monde entier,  l’ambiance est plutôt bon enfant et on a tous un projet commun.

Nous commençons nos allers et retours pour l’acclimatation et bizarrement je ne trouve pas cela si ennuyant, cependant il est hors de question de sortir des sentiers battus. L’interdiction est formelle. J’en ai fait les frais en me prenant une bonne engueulade car j’étais aller au pied du Nuptse avec Ueli Steck.

« Tu n’as pas le permis,  ce que tu fais est interdit, si tu continues j’appelle les autorités népalaises », le manager a 6500 est chiant, il fait son job, il a peur de la hiérarchie qui se veut très stricte.

« Non mais oh !on se calme j’ai quand même payé un permis et puis qu’est-ce que j’en sais moi que je n’ai pas le droit d’aller faire une balade sur glacier ? »

« Ecoute tu restes sur l’itinéraire normal sinon… » et il me fait un signe de menottage. Je sens que les choses sont prêtes à s’envenimer. Ueli  s’inquiète. Lui encore mieux que moi sait que l’autorité des sherpas et des officiers de liaison ne se contestent pas. Il y’a des règles, des permis attribués, on ne sort pas du cadre, c’est comme ça, on ne fait pas les malins et on s’adapte. Ueli décide de partir seul le lendemain matin et tombe au Nuptsé. Il est mort. J’apprends cela en revenant du camp 3. Coup dur. Je pense à ses proches, aux polémiques sur ses ascensions, plus rien ne filtre, il n’est plus là, les controverses sont terminées….

Trop de gens toussent et sont malades  au camp de base, la nuit, le jour. Pourtant tout le monde fait attention au petit coup de froid qui te surprend au soleil couchant, on se lave tous les mains avant le repas, on est plus vulnérable la haut dans notre camp de réfugié climatique, cependant pas beaucoup de gens quittent le camp et tous  récupèrent de leur maux assez vite, même si jusqu’à la fin de l’expédition les quintes de toux seront légions au village.

Ferran est désormais malade et ne remonte pas tout de suite. Hanz et moi remontons. Cette fois ci on va dormir a 7200m lui pour une nuit moi pour 2 et chacun de notre côté nous montons jusqu’ au col sud. Le jour où j’y suis il ne fais pas très beau. Je redescends bien vite me reposer au CB. Ma toux  s’estompe. Je remonte une autre fois quelques jours après avec Ferran et le 16 on est de nouveau à 8000m au col sud. Les journées sont belles, j’aurais bien tenté à ce moment-là mais avec le peu de repos que j’ai eu entre les 2 montées je ne sens pas le truc. Ce sera encore un peu d acclim en plus pour le sommet qui se profile selon les prévisions meteo aux alentours du 26.

Ce moment de récupération au camp de base est bénéfique et je sens que je reprends de la force et de l’énergie. Ferran mon ami et compagnon de cordée lui aussi se sent mieux après être monté au col sud, il se sent désormais bien préparé…mais comme à chaque fois dans ce genre d’ascension le doute persiste et parfois ça te ronge. L’attente, au CB est difficile comme toujours avant  l'ascension….

Entre temps Hanz est remonté passer une nuit au col sud. Finalement nous avons tous des acclimatations bien différentes. A son retour n’ayant pas pu aller au sommet à cause d’un vent furieux,  Hanz est presque décidé à rentrer chez lui, mais se ravise lorsque nous lui disons que le 27 sera une belle journée.

Hanz est un grand costaud autrichien qui n’a pas froid aux yeux. Il a déjà grimpé plusieurs 8000. C’est un pur amateur qui a un job dans le bâtiment. Il est vite devenu passionné par la haute altitude, qui ne le serait pas???? L’Himalaya est un univers fascinant.

Soyons clair et il n y'a pas d’arrogance dans mes propos...je connais bien les règles du jeu en himalaya. L’Everest ce n’est pas en pur style alpin que je voulais le tenter ce printemps, mais sans oxygène supplémentaire et cela me suffisait. Evidemment que le style alpin est la plus belle manière de grimper des montagnes mais ici c’est une autre entreprise et cette fois ci grimper le long des cordes fixe me suffira. Ces moyens de grimper avec une organisation locale bien huilée est un moyen acceptable pour moi, cela correspond à mes valeurs. 

Sangye le sherpa de Ferran nous accompagnera dans notre entreprise, autant qu’il le pourra bien sûr et avant tout il sera aux côtés de Ferran. Ferran est un homme des plus sensibles que je connaisse, il s’est lancé dans la course au 14x8000 avec une détermination sans faille, J’ai grimpé trois fois en expé avec lui, il est comme tout le monde, il a des doutes il vit avec a peur, ce n’est pas un fou, il a de la mesure, il a une famille, un chien, il y a une vie à coté de l’himalaya.

Il dit : « je vais prendre de l ox ma préparation n’est pas optimale, je ne sens pas le truc sans ox aujourd’hui ». Ok après avoir abordé le sujet une dizaine de fois avec lui pendant l’expé je comprends sa décision

« Je veux finir ce challenge des 14, il est temps, l’Everest sans ox ça sera pour une prochaine fois peut être ! » Claro que si amigo !

Du col sud, nous partons à 10h du soir le 26  et y a pas un brin de vent. Depuis le début de l’expé les prévisions meteo sont fiables, alors qu’il y avait un vent terrible quelques heures auparavant, comme prévu cela  s’est calmé d’un coup.  On avait même réussi à dormir un peu.

Hanz et moi ouvrons le bal en sortant les premiers de notre tente. Il ne fait pas froid et le ciel est clair. Nous nous mettons tranquillement en route et avançons assez vite, Il y'a  des gens devant et des groupes qui suivent. Vite fait Ferran et Sangye nous rattrapent et nous dépassent. Hanz arrive à les suivre, moi je suis plus lent et j’ai des nausées, je vomis une ou deux fois, mauvais signe, mais quand ça passe je me sens de nouveau bien. Je trouve que le terrain est raide et je n’y vois pas grand-chose de nuit, ma frontale éclaire faiblement. Plus tard à cause du vent qui s’est de nouveau levé je dois mettre mon masque et j’y vois encore moins. Je prends mon temps, je m’arrête souvent pour remuer mes pieds et mes mains car j’ai froid J’ai l’impression que mes semelles chauffantes ne marchent pas bien. C’est ennuyeux. Je commence à avoir des doutes mais je continue tranquille en m'arrêtant assez souvent pour me réchauffer boire et manger un peu.

J’ai besoin du jour pour me réveiller d’abord car parfois j’avance en somnolant, et du soleil pour me réchauffer, mais je vois bien que c’est une pure illusion car la tempête empire, c’est un peu angoissant. Je suis dans mes pensées mais je vois l’arrête en haut qui change de direction vers le sommet sud. Quand j’y serais je verrais bien ce que je fais. Je vois un gars la haut au balcon, qui piétine, je me demande ce qu’il fait. J’imagine qu’il y a une tente installée la haut car la lumière de la frontale  qui parvient jusqu’ à moi a l’air d’être filtrée par un voile….Si seulement c’était vrai ! Un  endroit où me réchauffer et boire, en attendant que le jour arrive...et que le ciel s’éclaircisse de tous ces nuages, que ce ciel laiteux devienne limpide. Pure illusion, hallucinations ?

Lorsque j’arrive sur l’arrête il n’y a rien la haut à part du vent et de la neige .Le gars piétine toujours, c’est Hanz mais je ne le reconnais pas. Je sais que je pourrais continuer encore, encore un peu du moins. Je me sens un peu mieux, mais le sommet me semble improbable et le temps ne semble pas vouloir s’arranger, bien au contraire. Je maudis ce temps exécrable. Avec un temps au beau fixe j’aurai une chance mais là c’est trop ; gelure, épuisement, je ne peux pas me permettre de risquer ma vie à ce point. Je décide de redescendre, c’est limpide dans ma tête, je n’ai aucune chance et je retourne « vite fait » au col sud retrouver Sangye le sherpa qui a donné son masque à oxygène a Ferran car le sien ne marchait pas super bien.

« Salut Elisabeth ça va??? » je viens de lui passer devant sans la reconnaître et lorsque elle me rattrape je percute que c’est elle, je ne l’avais pas vu la veille.

« Quel temps de merde, impossible d’aller au sommet aujourd’hui ».  Elle s’est arrêtée et fait demi-tour juste avant moi, je me dit qu’on est sur la même longueur d’onde puis chacun rejoint sa tente dans le vent.

Et les autres??? Ferran revient en fin de matinée et bien oui il fait le sommet ! Il faisait super froid et quasiment sans visibilité. Il est frais comme un gardon, c’est la 1ere fois qu’il utilise de l’ox et il me dit que c’était facile avec .Et Hanz ?

« Je l’ai croisé au sommet sud il continuait de monter ».

On s’inquiète un peu pour lui quand même car dehors les choses ne s’arrangent, pas le vent forcit encore.

A midi je pars vers le camp 2, ça m’ennui tout ça,  être là depuis 2 mois puis devoir m’arrêter si proche du but. Mais au fond je sais pourquoi je suis en vie, pour avoir pratiqué la haute montagne depuis 20 ans je sais quand cela devient trop dangereux, la ligne à ne pas franchir.

En bas à 6500m impossible d’avaler, quelque chose sans en rendre le  contenu.  Dans l’heure qui suit je passe une nuit de merde, mais le matin ça va mieux et je me joins à quelques Népalais pour descendre au « khumbu village ».

J’ai appris que Hanz est « summiter » sain et sauf, il a assuré l’ami autrichien.  J’en  connais peu qui aurait fait la même chose.

« Tu es un super grimpeur Hanz ! »  Lui ai-je lancé lors de leur retour au village tard dans l’après-midi. Tout le monde est archi crevé ici. Tout le monde veut partir. Les camps sont démontés, les tentes pliées, les cordes fixes retirées, les sherpas sont impatients de rentrer chez eux. Les désirs sont achevés ou pas, l’amertume ou la gaieté au rendez-vous, mais au final nous sommes tous là heureux d’avoir passé une belle tranche de vie ensemble.

6 mai. Premiers retours.


Ce que j'en pense.

Bonjour à toutes et à tous.

Et tout d’abord merci pour tous vos messages, sur ce blog, sur twitter, facebook…beaucoup d’encouragements et aussi des analyses « post expé » souvent très pertinentes. Je crois connaitre la plus part des auteurs mais il y a aussi semble-t-il des amateurs passionnés que mon projet ne laisse pas insensibles. Pour moi c’est vraiment super. Notre activité ne laisse jamais indifférent et suscite depuis toujours des prises de positions qui, bien heureusement, ne sont pas prêtes de s’éteindre… La montagne, quelle qu’elle soit, est un espace de liberté et je viens d’en avoir une nouvelle démonstration. Cela veut dire que n’importe qui peut vouloir la découvrir. Les amateurs comme les professionnels, ceux qui en ont juste envie et ceux qui en vivent, les humbles comme les arrogants, n’est-ce pas ? ;-). Sur ce dernier point, sensible, ne vous méprenez pas. Mes propos sont sincères, parfois maladroits et mon enthousiasme dans mes projets peut me jouer des tours à la taille de la montagne convoitée…et dans le cas de l’Everest…on atteint le summum !

Alors puisque que l’on parle de taille, commençons par des chiffres :

-          5 ou 7 : oui c’est à peu près le nombre d’alpinistes français qui ont réussi le sommet sans oxygène supplémentaire depuis le début. Et oui, j’aurai aimé être dans cette liste.

-          4 sur 8 : c’est le nombre qui a réussi cette année, toutes nationalités confondues.

-          500 ou 600 c’est le nombre total de « summiters » cette année depuis le Népal et le Tibet.

-          7000 c’est probablement le nombre total depuis le début. Dont 180 sans oxygène supplémentaire.

-          Environ 300 morts en tout, dont la moitié sans oxygène supplémentaire.

-          Et, bonne nouvelle, pour la première fois, aucun Sherpa n’est décédé cette année. Après un très lourd tribut les années précédentes.

Voilà le premier problème avec cette montagne, des chiffres, des statistiques, des records…on s’y perd ….et moi aussi !  Et est-ce que j’ai les boules d’avoir « raté » ce que 600 autres, y compris des vrais "touristes" ont réussi ? Oui, un peu quand même…

Le style maintenant :

Je n’étais allé là-bas qu’une seule fois il y a vingt ans. Malade au camp de base, l’expédition avait tourné court. Ce n’était pas encore le grand barnum actuel, ce qui en soit n’est pour moi pas un problème. Je vais y revenir sur ce grand village de 1 000 personnes, finalement plutôt sympa avec concert techno etc…et dans lequel on peut se perdre aussi…

Juste au-dessus du village, l’Ice Fall : échelles et cordes. Impossible de ne pas les utiliser, comme il est impossible désormais  de vouloir faire le sommet tant que les Sherpas n’ont pas déclaré ouverte la voie. Moro et Ueli l’avait constaté à leurs dépens en 2013. Il y a des cordes un peu partout…on s’y perd !

L’acclimatation n’est possible que sur les itinéraires pour lesquels vous avez des permis. C’est entre autres la raison pour laquelle je n’avais pas pu aller avec Ueli sur le Nuptsé. Dès lors, vous devez faire des allers et retours sur la voie prévue et on en profite pour mettre une tente en haut. Bien chargé avec des pentes au-dessus de 35 degrés à partir de 7 000. Acclimatation obligatoire, les flics (officier de liaison) qui vous menacent parce-que vous vous écartez de 100m, des allers et retours, dépôts…il y a longtemps que tu t’es fais une raison quant au style alpin, alors le jumard tu le sors ! 

Le budget est un peu conséquent et le meilleur moyen de le limiter c’est quand même l’autonomie au-dessus du camp de base, donc pas de cook et pas de sherpa pour moi…c’est plus stylé et bon pour la ligne !

La météo ici encore plus qu’ailleurs est le facteur de succès numéro 1. Il faut 4 jours du CB au sommet et donc la qualité de la prévision est primordiale. A un jour près, ça passe ou pas. Et quand cela ne veut pas passer, que l’engagement est prononcé, la marge très mince…le moment du choix intervient : ox no ox, summit no summit, safe no safe ?. No summit and safe !

Everest ou pas Everest :

Définitivement oui !  J’aime cette montagne, son ambiance unique et ce  malgré tous ses paradoxes. Sincèrement, existe-t-il un montagnard qui regrette d’avoir fait le Mont Blanc y compris par la voie normale ?  La voie normale justement. Ce n’est pas celle que j’avais envisagé faire initialement, trop ambitieux ? Peut-être. Pas assez préparé, c’est possible. Au « boulot » toute la semaine,  puis prendre l’avion pour aller faire le couloir Horbein le week end…va falloir repenser tout cela ! Et puis y’a les copains. Deux destins. Ferran presque 20 ans pour réaliser son rêve depuis l’Annapurna 1999 (Annapurna, clin d’œil à Stéphane…), et sa septième tentative sur l'Everest... Et puis il y’a Ueli. Ciao Ueli… !

Bon allez maintenant, je vous prépare un petit compte rendu avec l'ambiance "so special" du camp de base et les moments forts de la tentative.  

Yannick.


2 juin. Déjà au boulot


A peine rentré et déjà à remettre sur le métier. Aiguilles de Chamonix ce vendredi.

Compte rendu de l'expé en écriture...

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31 mai. Retour à Chamonix.


Yannick sera de retour à Chamonix vendredi. 

28 mai. Au camp 2.

Après une mauvaise nuit au Camp2, clin d'oeil sympa pour les partenaires.

Maintenant au camp de base avant d'organiser le retour vers Lukla et Kathmandu. img1856Bientôt un récit complet

27 mai. Pas de sommet !


Yannick à 4:12 : " Trop de chute de neige, trop de vent, on gèle sur place...j'ai fait demi-tour à 8 500m. Trop risqué sans oxygène. Maintenant safe au col sud."

Au camp 2 avec des ennuis gastriques....plus la déception....tout est dur à avaler. Même si seulement 2 sur 7 sans Ox ont réussi cette nuit (Ferran à dû prendre sa bouteille à cause du froid). Mais on connait le gaillard ! ....va pas en rester là le costaud ;-)

26 mai. C'est parti.....


Le vent est tombé comme prévu. Yannick et Ferran sont partis pour tenter le sommet à 17:00 (heure française),  presque 21:00 heure au Népal.  900 m de dénivelé entre 7 900 m et 8 848 m. 10 ou 12 heures d'efforts.

Yannick and Ferran just started their summit attemps at 9pm (nepal time).  A 10 to 12 hours effort could be necessary to reach the summit. The wind stopped as expected. 

26 Mai. Col sud ! Vents violents !


Ils sont arrivés à 12:00 (heure française) au Col Sud. Les vents sont très violents (jusqu'à 100km/h).  Yannick : "On est arrivés dans un temps de merde. Mais maintenant il fait beau. Mais le vent est très violent, les coups de flips vont à 100 à l'heure !. J'en ai parlé a Yan (routeur météo) et d'ici deux heures cela devrait s’arrêter net. Ça tombe bien parceque c'est l'heure à laquelle on veut monter!...."

"We reached South Col at 12:00 (french time) with a bad weather. Now is sunny but the wind is terrific. Around 100km/h some times ! I talked with my weather traker, he said the  wind will stop in 2 hours.  Fortunatly this is the time we plan to climb to the summit ! " Fuerza !!!!

25 mai. Camp 3. 7 300m.


Arrivés au C3 à 12:00. Très beau temps. Température étouffante. 35 degrés dans la tente. Et le soleil se cache tard derrière le Cho Oyu. Super météo annoncée pendant 3 jours. Demain on monte au col sud. Puis samedi.....A priori nous sommes les derniers à monter.

Reached this morning C3. Beautifull weather but verry warm (35degrees). Tomorrow to South Col and saturday should be the day !  Weather window seems to be great ! We are the last team I think.

Ferran au camp 3
Le sherpa de Ferran, Hanz, Ferran et Yannick. Un autre shepa.
Ferran qui arrive au C3
Yannick dans la montée du C2 au C3
Au chaud dans la tente !

24 mai. Vidéo du Camp 2.


Petite vidéo reçue ce matin. Comme on peut le voir, beau temps le matin et gros moral.

Ils partent demain matin à 6:00 pour le Camp 3.

23 Mai. Arrivés comme prévu au C2.


Avant de partir hier du CB , Yannick a enregistré un petit message.

22 mai. On remonte demain.


On part le 23 pour une tentative le 27 !
Un jour de repos au camp 2 le 24, puis camp 3 le 25, col sud  le 26 et tentative !
Je vous tiens au jus ;-)
Yannick

21 mai. Rien de très nouveau...


Il me tarde de remonter. La météo est toujours aussi compliquée à apprécier. Autour du 26 semble se confirmer. Il y a eu des tentatives ce week end avec des réussites mais aussi de cruels échecs. Patience...

19 mai. Décision prise...


On montera pour une tentative le 26.   C'est le plan pour le moment.

Dans la montée vers le col sud. En dessous : le C3 et le C2. Au fond l'ice fall.

18 mai. dans l'expectative.


Yannick : " On fait du brainstorming total pour la météo. Aucune prévision se recoupe. On parle du 26 comme possible ou pourri ! Le 22 est une éventualité, si c'est le cas va falloir se bouger vite. Bon on refait un point ce soir."

Photo du halo au dessus du camp 2 par Tim Mosedale.

17 mai. Message depuis le camp de base.


Yannick nous livre quelques impressions.

Ferran à 7 600m en direction du Col Sud avec du vent au sommet de l'Everest.
Au col sud à 7 958 m . Pour la deuxième fois.

16 Mai. Retour au camp de base.


Photo reçue ce matin depuis le camp de base

On est de retour avec Ferran au camp de base. Au col sud hier matin on était seuls avec l'équipe des sherpas qui équipait le sommet. D'autres grimpeurs montaient derrière nous pour tenter le sommet dans la matinée de mardi. Mais il fallait être de retour pour 10:00 au col sud pour éviter d'être piégé par le mauvais temps. Sans oxygène supplémentaire et seul c'était trop risqué. Les gelures arrivent beaucoup plus vite sans Ox. J'espère qu'ils auront réussi. Pour nous c'est repos et attente du prochain créneau. 

15 mai. Col sud ce matin.


Yannick est monté au col sud ce matin.

(et a confirmé son arrivée au C2 cet après midi. Demain CB pour repos).

South Col this morning.

Yannick au téléphone ce matin.

"On est monté avec Ferran au col sud ce matin. Il fait beau mais très froid. Le sommet a été ouvert par les Sherpas. Malheureusement la fenêtre météo du 16 est trop courte. Un temps clair et calme est annoncé entre 19:00 ce soir et 6:00 demain matin, suivi de vent à 5Okm/h et neige jusqu'à 50 cm. Trop risqué tout seul. Donc on redescend au C2 et on attend la fenêtre suivante. Bonne forme."

"With Feran we reached the South Col this morning. Good weather but very cold. Ropes have been set up to the summit by sherpas. Unfortunatly the weather window is to narrow for tonight. Clear weather is expected only between 7:00 PM and 6:00 AM. Followed by strong wind +50km/h and 50cm of snow fall. Too risky as I should be alone. Now we are going down to C2 and will wait for the next window. Yannick."

Col sud (archive)

14 mai. Camp 3.


Yannick est au camp 3 avec Ferran.  Demain il prévoit de monter au col sud. En attendant la suite... Ferran redescendra au camp de base pour améliorer son acclimatation après sa grippe la semaine dernière.

Yannick at Camp 3 with Ferran. Tomorow he plans to climb to South Col. And will see what could happen...Ferran will go down to BC as he needs more time for acclimatizing due to the khumbu flu he got last week.

13 mai. Remonté au camp 2.


Yannick est remonté au Camp 2 ce soir.

Back to C2.

Yannick au téléphone.

J'en avais marre d’attendre au CB et perdre mon acclimatation. Je suis parti à 15:30 et je suis arrivé au C2 à 21:00.  je suis monté seul, je me suis caillé les deux dernières heures. Demain je monte au C3. Y'a peut être un créneau le 16 pour le sommet. Alors après le C3 je monterai au Col Sud avec ma petite tente et on verra. Si ça peut pas monter, ça me fera un autre passage à 8 000 et c'est bon pour mon acclimatation. La température annoncée est très basse à -30 sur la partie finale. Mais ça va. J'ai super bon appétit. Bon je vais mettre une bouteille d'eau chaude sur mes pieds et dodo. Ciao les amis.

"I left the BC at 3:30 PM and reached C2 à 9:00 PM. Alone, and the last 2 hours were very cold. Tomorrow i will go to C3. Then I plan to reach the south col for the 15th. A narrow weather window is expected for 16th. So, i want to be ready for it. We will see. Otherwise it will be good for aclimatizing to reach 8 000 a second time. And we will wait for a next try. Temperature is very cold, -30  at 7 500M. I'm fine, very good appetite ! Now i will put a hot water bottle on my feet and try to sleep. Bye !"

Camp 2. (Photo Paul Pottinger).

12 mai. Pas de météo favorable....


Toujours une météo défavorable. Prévisions pas top jusqu'au 17. Le problème c'est de pouvoir anticiper pour être dans les camps d'altitude à j-1 ou j-2 !

11 Mai. En attendant le beau temps


Neige sur le camp de base.  Et pas la foule au Col Sud.

- Y'avait il du monde au Col Sud ?
- Oui plein, enfin....quelques sherpas qui amènent des bouteilles d'oxygène et redescendent aussitôt. Soit une vingtaine qui pose 15/20 kg à chaque rotation. Aujourd'hui la seule conversation ici c'est la météo, quel summit day ?, les cordes fixes ? Everest ou Lhotse...? bon ça occupe. Sinon je vais bien et j'en profite pour me reposer. Je fais le point météo aussi avec Yan à chamonix.

10 mai. Retour sur la visite au Col Sud !


Ce matin Yannick nous a donné quelques précisions et des superbes photos.

More news from yesterday.

Dans la tempête à  presque 8 000m, j'ai atteint le Col Sud. Il faisait très froid, endroit très inhospitalier. J'ai le temps d'apercevoir la suite du programme entre les nuages et les rafales de neige. J'ai mis 6 heures pour faire 7 150 - 7 900 !. Ma respiration était ok, j'avais des nausées quand je m’arrêtais !?. J'ai voulu faire demi-tour dans ce mauvais temps....mais bon, je voulais savoir et voir ...et je l'ai vu ce sommet si proche, si loin...Ensuite redescente directe jusqu'au camp de base dans une lumière fantastique (voir les photos). J'ai très bien dormi. Maintenant un peu de repos au camp. Cet endroit est incroyable ! Je vous en parlerai.

Ciao Ciao les amis !

6 hours from C3 to south col. Very windy and cold, so i didn't stay there too much. Well, I was able to see the next step...so close, so far !  Even with no OX, I was quite confortable...as well as possible. Good breathe, bad stomach ! I went back directly to BC with a beautifull light in the late afternoon in the west CWM. Had a good night. Let's see what could be the plan right now. 

Bien fatigué au retour
Depuis le C3, à droite le Col Sud et le sommet !
Montée dans la tempête. Col sud au bout de la corde (Geneva Spur)
Au col sud + 7900m
La trace C2-C1
La lumière dans la combe west en fin de journée
Toujours la lumière.

9 mai. Col sud comme prévu.


Yannick est monté jusqu'au Col Sud pour "toucher 8 000m". Départ à 3:00 dans la tempête puis dès qu'il a atteint le Col et fait un repérage, il est redescendu. Maintenant il est au camp de base. Repos !

Yannick reached the south col this morning and put his hands on 8 000. Strong wind and snow falls. Now he's back to Base Camp. Time to relax.

8 mai. Depuis le Camp 3 à 7 300M


Yannick ce matin au téléphone.

Deuxième nuit à 7 300m. Beau temps, bonne forme. Cela fait déjà la 7 eme nuit au dessus de 6 000m. Demain je monte au col sud, départ 3:00. Ferran est redescendu car il a une grippe.  Ici on est accroché à la face nord du Lhotse. Magique.
Second night at C3 7300m. This is my 7th night above 6 000m. Tomorrow i will reach the south col. Good weather and i'm feeling good. Ferran got a flu and had to go down to the BC.

Le col sud 7900m.
Itinéraire du C3 vers le Col Sud
Everest et col sud.

6 mai. Repos et demain C3 et Col Sud


Yannick ce matin et qui vous remercie pour vos messages de soutien.
Yannick from C2. Tomorrow they will push to C3 and to south col. Good weather expected until 10th.

Bonjour à tous.
Cela fait bientôt un mois que je suis parti de France. L'Everest, l'endroit, l'atmosphère je m'y sens bien même s'il y a beaucoup de monde. J'arrive à faire le vide et puis c'est tellement de grands espaces retirés et éloignés de tout que l'on a tendance à ressentir ici la juste taille et la juste importance de notre existence...

Je suis content de pousser plus haut les jours prochains. Je me sens en forme et pour un peu je m'imagine pousser jusqu'en haut ...mais soyons patient...même si le désir du sommet commence à s'allumer sérieusement en moi !...çà vibre fort ! Beau temps annoncé jusqu'au 10. Demain C3 et Col sud !...

Bien à vous tous et merci pour vos messages ....

Yannick

5 mai. Camp 2.


Arrivés au camp 2 à 6 475m. Demain repos avant d'essayer d’enchaîner C3  à 7 300m et Col Sud 7 920 m.

Vidéo de Feran et Yannick sous la tente au Camp 2

https://twitter.com/ferranlatorre/status/860540579649814528

   

4 mai. Le plan pour la suite et vidéo du CB avec Feran.

Demain ils remontent vers le C2. Un jour de repos puis C3. Puis Col Sud pour une nuit  le 8 qui est à priori la meilleure fenêtre météo. Ensuite retour au CB. Et prêts pour la tentative !. Bonne ambiance au CB, ils arrivent à gérer la foule. Pour le moment ! Là-haut ce sera peut être différent !

Discussion avec Ferran pour la suite...

Népal : deux ans aprés le 25 avril 2015


Gilles Marcaud est guide de haute montagne.  Depuis 25 ans il accompagne des groupes dans les différentes régions du Népal. Le 25 avril 2015 il était avec l'un d'eux sous le camp de base de l'Everest. Il est actuellement à Kathmandu.

Deux ans déjà...
Nous voilà au deuxième anniversaire du tremblement de terre du 25 Avril au Népal, et l'on me demande un petit état des lieux de la reconstruction.
En préambule, disons que le grand mouvement de générosité a accouché d'une souris, chacun se demandant où sont passés les 5 milliards de dollars de promesses de dons des grandes organisations internationales.
Si l'on a pu lire ici ou là que l'instabilité politique, le blocus indien, la corruption chronique et la création d'un fonds géré par le cabinet du premier ministre ont découragé bon nombre de donateurs, l'évidence est que l'avancé des travaux de reconstruction est loin de se chiffrer en quelques unités de milliards de dollars.
Les avancés les plus significatives et pour certaines en voie d'achèvement proviennent pour la plupart de petites organisations aux budgets limités avec des objectifs ciblés et réalistes correspondants à leurs moyens.
On pourra citer la reconstruction rapide de la gompa de Tengboche et de la stupa de Bodnath sanctifié en Octobre dernier dans le plus grand faste, ces sites bénéficiant de financement de la diaspora tibétaine ainsi que de nombreuses associations bouddhistes et de leurs sympathisants dont les moyens et le vif désir de faire revivre la foi en ces lieux contrastent avec la lenteur et les méandres des circuits décisionnels des gouvernements et des grandes organisations internationales.
A noter et comme je l'ai écrit dès le lendemain du séisme, la réplique la plus dramatique en terme économique aura été le traitement médiatique exagéré de la catastrophe.
Alors qu'aucune infrastructure majeure n'a été touchée et que, hormis le Langtang et la région du Manaslu, tous les autres circuits de trekking étaient réalisables, les touristes étrangers ont massivement déserté le Népal pour de trop longs mois et à ce jour l'activité touristique est toujours dans le rouge malgré une légère reprise ce printemps.
Une autre conséquence inattendue de l'absence de planification et de garantie de reconstruction rapide dans les districts les plus touchés qui ceinturent la vallée de Katmandu est l'arrivée massive de population dans la capitale qui vient s'ajouter aux migrations de la décennie précédente générées par la terreur dans les campagnes au moment de la guerre civile. En l'absence de chiffres fiables, certaines statistiques avancent sept millions d'habitants dans la vallée de Kathmandu à comparer aux 400 000 habitants du milieu des années 80 ...
Ceci dit, deux éléments de satisfaction pour les habitants de la capitale avec la fin des pénuries d'électricité suite à la nomination de nouveaux dirigeants au sommet de l'administration de l'énergie électrique et l'arrivée prochaine de la distribution d'eau dans tous les quartiers de la ville grâce à l'achèvement du projet Melamchi qui voit enfin le bout des 26 kilomètres de percement du tunnel de ce chantier de grande ampleur.

Pour terminer et se réjouir ou déplorer que Kathmandu n'est définitivement plus Kathmandu, l'interdiction des klaxons dans la capitale depuis le premier jour de l'année 2074 qui a commencé ce 15 Avril dernier. Interdiction aux effets immédiats puisque plus aucun bruit de cornes ne résonne désormais dans la capitale.
Les vaches sacrées en sont toute retournées.

Kathmandu, le 23 Avril 2017
Gilles MARCAUD 
la Bodnath Stupa après la reconstruction.
Participation aux secours après l'avalanche sur le camp de base de l'Everest
La Bodnath Stupa après le séisme.

3 mai. Photos du camp 3.


Photos prises lors de la première montée au dessus du C3 à 7 300 m pour préparer la suite. Ils ont posé la tente au dessus du C3 normal pour plus de tranquillité et ne pas subir le rush.

Installation de la tente qui servira pour la prochaine rotation.
Yannick au dessus du Camp 3. Au fond le C2 dans la combe ouest.
Ferran et Yannick au camp de base.

2 mai. Repos au camp de base.


Repos comme prévu. Très beau temps, la meilleure journée depuis le début. On se remet dans notre projet. On remonte le 5. Merci pour tous vos messages.

30 avril...pensées !


Yannick et Ueli.

Yannick au téléphone ce soir. Triste.
"Depuis 3 jours on parlait avec Ueli. Hier nous avons même fait une marche d'approche ensemble vers le Nuptse. Puis on a mangé un morceau. Il aurait voulu que l'on aille ensemble s'acclimater par la-bas, mais ce n'était pas possible pour moi. C'était un alpiniste hors norme, mais aussi un ami proche avec qui on partageait les mêmes vibrations. 
De notre côté nous sommes montés ce matin au C3 au dessus de 7 000m. Demain on redescend au CB pour quelques jours de repos après ces nuits à 6 500m dans un camp de 500 personnes ! .  Ensuite on prévoit de monter au col sud pour une nuit, puis re-descente et on devra être prêts pour une fenêtre autour du 20 mai. Bonne forme et météo assez bonne. L'ambiance va être spéciale au CB, Ueli c'est quand même un des plus  grands sommets de l'Alpinisme."

29 avril. Repos au camp 2.


3 éme nuit au camp 2 à 6 500M. Demain montée au Camp 3.

"Nous avons donc passé une 3eme nuit au C2 à 6500M. Normalement nous devrions être en comité restreint, mais là on est plusieurs centaines de grimpeurs plus leurs sherpas et leurs cooks ! Faut s'y faire mais c'est quand même particulier...
Demain nous montons avec Ferran et Hanz au dessus du camp 3 à 7 400m puis on redescend directement au camp de base. Les conditions sont assez bonnes." Yannick.

3d night à C2 6500M. More than hundreds people here wich is anusual for me. Tomorow we will climb above the C3 , 7 400M , then we will go down to BC directly. Pretty good conditions. Yannick.

Le camp 2. Photo Yannick.

27 avril. Nouvelle rotation.


Départ ce matin pour rejoindre le Camp 2 directement et passer 3 nuits sur place avec incursions à + 7000m. Beau temps, bonne forme, gros moral.

Started this morning for C2 and stay there for 3 nights. + 7000m will be reached for better acclimatization. Good conditions.

Photo Camp 2 / Ferran Latorre

25 avril. Puja au camp de base.


Retour au camp de base pour la cérémonie de la Puja. Puis un peu de repos avant de préparer la stratégie pour les prochaines semaines.
Back to BC for the Puja. Then resting days for preparing the attempt strategy.

Hello, c'était la PUJA hier midi. Grosse affluence avec des chants des moines et plus de 100 alpinistes. Bonne bière aussi pour se remettre des jounées à + 6000 !. On est dans un espace dit "village 7 summit" un peu à l'écart et parmi 100 grimpeurs Everest/Lhotse. La PUJA est une bénédiction qui implore la protection des dieux pour les grimpeurs. C'est à la fois une tradition, un moment important mais aussi beaucoup de folklore...c'est sympa !

Tomorrow was the Puja ceremony for the protection of the mountainers. It was cool and a pefect moment for refreshing after 2 days above 6000. I am in a team of 100 climbers for Everest and Lhotse. 

Ma tente sur fond d'IceFall
Mon piolet a été béni !
La mise en place des drapeaux de prières.

Photos de Yannick depuis le C2

Au C2 à 6450 m
Vue sur le Lhotse 8516 m

23 avril. 6450m.


Petit tour du côté du C2 à 6450m , au fond de la combe ouest. Magnifique coucher de soleil.
Dans l'IceFall une partie s'est effondrée, les "doctors" sont à l'oeuvre pour remettre en état pour lundi.

At C2 , west cwm 6450m. Beautifull sunset. Part of IceFall collapsed yesterday. Icefall doctors at work. Problem fix expected for monday.

22 avril depuis le camp de base / From base camp


Départ vers 14:00 du CB (un vrai village...) et arrivée 4:00 aprés au C1à 6 000M. En autonomie complète (tente et provisions). La traversée de l'IceFall se fait bien avec 20mn assez exposées à l'horizontale sous les blocs. Demain Hanz et Ferran le rejoignent pour monter au C2 à 6 400m. Une nuit au C2 puis descente au CB le 246. La Puja aura lieu le 26. Bonne forme après un coup de mou suite à l'ascension un peu rapide du Lobuche. L'eau bout, à la soupe !....

He left the BC à 2 PM and spent 4:00 to reach C1 6 000m. IceFall climbing went good with 20mn exposed on  an horizontal path. Good conditions for him and weather cloudy. Tomorrow Hanz and Ferran will join Yannick to reach togeher C2 6400M. They will go down on 24th and will attend the Puja on 26th.

19 avril. En partance de Lobuche./ Leaving Lobuche.

Comme prévu Yannick a grimpé le Lobuché à 6 000M. Ferran va le rejoindre pour aller ensemble au CB de l'Everest. Yannick n'était pas revenu ici depuis 20 ans, il trouve que le développement c'est plutôt bien déroulé...mais il n'a pas encore vu le camp de base. Toujours des interrogations concernant la fréquentation et le voisinage ente les no OX et les OX ! Météo moyenne.

Yannick climbed Lobuche Peak 6000m. Now Ferran will join him to continue to Everest BC. They still have a concern about Everest crowd and cohabitation between  "OX" and "NO OX". Cloudy weather.

17 avril. Acclimatation à Lobuche. Lobuche for acclimatization.


Message de Yannick.

Aujourd'hui il y a un vent d'enfer et je suis bien au chaud à Lobuche à presque 5000m d altitude. Dehors y'a rien qui dégèle même si le soleil est éclatant. Je m'acclimate de toute façon et si je vais faire un tour dehors soit le vent sera tombé soit je ne resterais pas 5mn! Je suis arrivé ici depuis Lukla en 3j tranquillement lorsqu'une semaine entière est requise habituellement. J en profite pour lire, pour me renseigner, pour discuter avec des Sherpas  de passage au lodge, continuant leurs chemins vers le camp de base. J'échafaude des plans pour grimper tout en gérant cette foule qui va grimper. L'Everest cette saison c'est 500 personnes (soit plus de 1 000 au basecamp) et nous ne sommes que 15 sans ox .Hier je narguais un guide Argentin qui se plaignait du trafic. Selon lui le commerce à l Everest avait décliné en qualité depuis 2010 ?Je lui proposais de retirer l'utilisation d ox. Il a sûrement pense que j'exagérais. C est vrai que l 'oxygene, c'est la norme actuellement, pourtant ce n'est au fond que  dopage et tricherie. Mais bon c'est quand même toute une économie cela...mais je ne sais pas si ceci justifie cela. En attendant j'aiguise mon acuité au manque d oxygène moi qui justement refuse son utilisation supplémentaire.Je suis à 3 heure du camp de base et je vais m'y rendre les jours prochains. Peut être en faisant un petit détour par un petit 6000m au passage
Je suis en terrain connu dans ces hautes terres et je m'y sens à l 'aise. j'y suis venu la dernière fois il y a 20ans...

 De lobuche 4900m ou il gèle au soleil

Yannick

From Lobuche where the weather is very cold. Acclimatisation in progress. Need to manage the 500 expected "mountainers" on the first stages of everest. Which means over 1 000 people at the basecamp. And only 15 without oxygen. I expect to be at the BC in 3 or 4 days and will probably climb a 6 000m on the way.

Lobuche - KongmaLa
Lobuche - KongmaLa

La voie envisagée. Expected path.

La route envisagée est celle de l'arrête ouest, aussi appelée Horbein (1963). Si possible Yannick la tentera à partir du camp 2 de la voie normale. Sinon ce sera la voie normale "col sud". 
Yannick will attempt the Horbein west ridge path. 
West Ridge/Hornbein Couloir Route: May 22, 1963 - Tom Hornbein (USA) and Willy Unsoeld (USA) via the Western Cwm to the West Shoulder. (courtesy mountaineverest.com). Summits: W Ridge from Nepal to Hornbein Couloir/N Face = 5 success. Fatalities: 9

La voie Horbein et la voie normale. (Ed Bauer courtesy)

Présentation détaillée.

De Yannick :

"Le chomolungma(la déesse des vents),l'Everest(du nom de l'administrateur anglais qui l'a identifie comme la plus haute montagne)le big one, la limite physique de la terre la où elle s arrête avant qu il n'y ait plus que de l' air…c est la que nous allons Ferran Latorre mon bon ami de Barcelone et Hanz Wenzl qui vient d'Autriche. Tous les trois nous avons l'ambition de gravir cette montagne, sans oxygène supplémentaire. C'est pour nous trois LA manière de se rendre sur LA montagne, avec ox on tricherait. Nous avons tous les trois l'expérience de la haute altitude et cela depuis 20 ans. A minima la voie normale nous offrira ce que nous cherchons. Il y a 3 itinéraires majeurs que l on peut atteindre depuis le cote népalais, l'arrête ouest ouverte par Tom Horbein en 1963, la face sud-ouest ouverte par une équipe britannique dans les années 70, et la voie de la combe ouest qui rejoint le col sud pour rejoindre le sommet.
Réussir l'Everest par l'itinéraire de la première ascension sera pour moi plus qu un rêve,un rêve éveillé. Les enjeux d'une telle ascension sont bien sur complexes, bien différents des Alpes, il suffit de voir les dimensions de ces montagnes pour comprendre. Le risque, la passion, la folie: une manière de trouver les ressources nécessaires pour surmonter nos peurs.

Là-haut il faut être bons! Nous ne comptons plus sur personne d'autre que nous même et  être au bon endroit au bon moment… Aujourd'hui tous équipés de smartphone et d internet nous pouvons vous faire suivre notre ascension, des histoires de vie d himalayistes par épisodes. Alors maintenant nous nous envolons dans quelques heures pour Kathmandu histoire d être déjà au bon endroit. Puis on se rapprochera, en allant à Lukla en petit avion pour rejoindre la vallée du khumbu ou nous allons commencer notre vie pour presque 2 mois sur les hautes terres. Nous allons nous acclimater, rendre notre corps résistant pour retrouver le camp de base de l'Everest d'ici une dizaine de jours.

Là c'est l'aventure sur le big one qui commencera. En attendant, de chamonix ou on pratique l'alpinisme depuis toujours...je vous embrasse tous en vous souhaitant un bon printemps !

Yannick.

Présentation de l'expé. Yannick's expedition presentation.


Entretien avec TV Mountain avant le départ.
Why Everest without oxygen.

EVEREST sans oxygène / no Ox !


Yannick se lance vers le toit du monde qu'il espère atteindre fin mai et sans oxygène. Yannick will attempt Everest summit by end of may and without Ox.

Après le G1 en 2015 puis des grosses tentatives sur le Dhaulagiri et le Nanga Parbat en 2016, nouveau défi pour Yannick qui part sur l'Everest en compagnie de l'espagnol  Ferran Latorrre qui va tenter son 14eme +8000 et de l'autrichien Hanz Wenzl (succès sur le Makalu).
After 2015 success on G1 and hudge attempts on Dhaulagiri and Nanga Parbat last year (see on this blog), Yannick is on the way to Everest with his good spanish friend Ferran Latorre who is going to achieve his 14 x 8000 m quest and with Han Wentzl an austrian strong guy. 

Vol vers Kathmandou
Lecture de l'expé française de 1963
Hanz-Yannick-Ferran à Lukla